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QUELQUES NOTIONS DE FINANCEMENT DE LA PRODUCTION

13 Janvier 2015

Découvrez les dessous du financement de films!

Avant de mettre en production un film, le producteur doit s'assurer qu'il pourra réunir un niveau financement suffisant pour couvrir a minima le coût de fabrication du film. A cet effet, le producteur sollicite des sources de financement multiples qui ont chacune des objectifs d'investissement différents.


Le producteur veille à concilier les intérêts des différents partenaires financiers dans le montage financier de son film. 


Hors les films à micro budget, le financement d'un film est toujours le fruit de l'agrégation de plusieurs sources de financement (cf les génériques de début de film souvent bien chargés !).


Le financement de la production en France est fondé sur un système mêlant préventes de droits, minimum garanti avancé sur les recettes futures, coproductions et aides financières.



Les sources de financement

Financements internes

Il s'agit de l'apport de la société de production dans le financement du film :

  • - Numéraire : apport financier pris sur les fonds propres du producteur. Cette ressource est généralement faible dans la production indépendante alors qu'elle peut représentant un apport significatif lorsque le film est produit par un groupe.
  • - Fonds de soutien  producteur : apport financier pris sur le compte de soutien du producteur enregistré au CNC.
  • - Participations : il est courant que la société de production mette en participation une partie des frais prévus dans le devis du film mais qui ne font pas partie du coût de fabrication du film : le salaire du producteur délégué, les frais généraux de la société de production, les imprévus. La mise en participation de ces postes de dépense est possible si elle n'entrave pas la livraison du film.

Le crowdfunding
Source de financement récente et innovante, le crowdfunding est l'agrégation des apports de particuliers. Pour une information détaillée, voir cet article

Principaux financements externes :

Les aides et subventions : 

  • - Les subventions régionales : les régions soutiennent financièrement des films sélectionnés par un comité sur dossier. Généralement, les subventions régionales sont non remboursables et le producteur doit en contrepartie s'engager à réaliser un minimum de dépenses dans la région. 
  • - L'avance sur recettes du CNC : cette aide est attribuée par décision du Président du CNC après avis d'une commission composée de personnalités reconnues de la profession. L'avance sur recettes vise le renouvellement de la création en soutenant des projets cinématographiques choisis pour leur indépendance, leur qualité et leur originalité. Cette aide est remboursable à 80% par prélèvement d'un pourcentage sur le fonds de soutien producteur. 
  • - Autres aides étatiques : certaines aides sont attribuées par des commissions spécifiques en fonction de critères spécifiques, par exemple : l'aide à la diversité ou l'aide aux nouvelles technologies. 
  • - Eurimages : ce fonds de soutien européen participe au financement de films coproduits par au moins deux producteurs indépendants ressortissants de différents Etats membres de l'Union Européenne. Les films sont sélectionnés sur dossier par un Comité. L'apport financier d'Eurimages est remboursable sur une fraction des recettes du film.
  • - Les préachats des chaînes de télévision : les chaînes de télévision françaises ont des obligations d'investissement dans la production française (exprimées en pourcentage de leur Chiffre d'affaires). Ces investissements prennent la forme de préachat de droits d'une ou de plusieurs diffusions du film sur leur antenne sur une période donnée (fenêtre de diffusion).

 

  • La coproduction : un coproducteur est une société qui prend une part de copropriété du film en contrepartie de son apport à la production. Cet apport est financier le plus fréquemment (investissement en numéraire).Il peut s'agir également d'un apport de droits d'auteurs ou d'un apport en industrie (mise en participation de services et/ou de matériel). La part de copropriété s'accompagne de droits sur l'ensemble des recettes d'exploitation du film.Il est courant que les chaînes de télévision non payantes joignent à leur préachat des droits de diffusion du film un apport financier en coproduction.

Coproduction internationale : dans le cas d'une coproduction internationale, dans la majorité des cas, chaque coproducteur conserve l'intégralité des droits du films sur son territoire respectif, les droits d'exploitation du film sur les autres territoires étant partagés entre les coproducteurs a proportion de leur apport.

Les SOFICA: le système des SOFICA a été créé en 1985 spécifiquement pour soutenir la production française. Les SOFICA investissent dans les films en contrepartie de droits à recettes d'exploitation négociés au cas par cas. Contrairement aux coproductions, les SOFICA ne prenne aucune part de copropriété du film.

Les Minima Garantis (appelés communément "MG") : il s'agit d'avances faites par la société chargée de la commercialisation du film sur les recettes futures qui seront générées par cette commercialisation.

On distingue 3 types de MG en fonction du support d'exploitation concerné :

  • - MG Salles : avance sur les recettes des salles de cinéma en France,
  • - MG Vidéo : avance sur les recettes d'exploitation DVD, Blu-ray et VoD en France,
  • - MG International (ou Etranger) : avance sur les ventes aux territoires étrangers.


Lorsqu'une même société se voit confier la commercialisation sur plusieurs supports d'exploitation, son apport en MG est généralement mutualisé sur l'ensemble de ces supports et peut s'accompagner d'un apport en coproduction.